
Tite 2 nous lance un véritable défi : dire et vivre ce qui est conforme à la saine doctrine.
Paul nous appelle à être sobres, honnêtes, modérés, solides dans la foi, dans l’amour et dans la persévérance. Il nous invite à devenir des modèles de bonnes œuvres, à transmettre un enseignement pur et digne, et à avoir une parole saine, irréprochable.
Mais Tite 2 va bien plus loin qu’un simple enseignement sur notre comportement à l’église. Il nous parle de notre vie entière.
De notre témoignage dans la société.
De la manière dont nous parlons des autres.
De nos dépendances et de nos addictions.
De notre façon de gérer notre famille.
De notre rapport à l’autorité.
De la cohérence entre ce que nous croyons et ce que nous vivons.
Et au cœur de tout cela se trouve cette extraordinaire réalité : la grâce de Dieu, source de salut, a été manifestée.
Cette grâce ne nous sauve pas seulement ; elle nous transforme. Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, pour vivre dès aujourd’hui avec sagesse, justice et piété. Elle nous appelle à être purifiés, à appartenir pleinement au Christ et à devenir zélés pour les bonnes œuvres.
Autrement dit, notre foi n’est pas destinée à rester entre les murs d’une église. Elle doit prendre corps dans notre vie quotidienne.
Il y a trente ans, j’ai pris la décision de suivre Jésus. Cette décision a profondément changé mon identité et le but de ma vie. J’ai eu le privilège d’occuper des postes à responsabilité dans le monde des affaires. À l’époque, j’étais très préoccupé par mon parcours professionnel, par l’envie de construire ma carrière, de faire ma place. J’étais passionné par ce que je faisais et j’aimais être à l’église le dimanche.
Mais une question me poursuivait : « Comment faire le lien entre ma foi et ma vie de tous les jours ?«
Je ne savais pas toujours comment appliquer ce que j’entendais le dimanche dans les réalités très concrètes de ma semaine. Comment être la même personne chaque jour de ma vie ? Comment ressembler à Jésus en dehors du culte du dimanche ? Comment vivre mon travail différemment ? Comment gérer la pression, les objectifs, les déplacements, les responsabilités et les relations avec mes collègues ? Comment conjuguer ma vie professionnelle, ma vie familiale et ma vie au sein d’une communauté composée aussi de personnes qui ne partagent pas ma foi et qui, pourtant, observent ma manière de vivre ?
Et finalement, une question revenait sans cesse : « Quel est le but ultime de ma vie ?«
Au fil des décennies, ce but s’est exprimé à travers différents rôles mais j’ai progressivement compris quelque chose d’essentiel : mon identité ne réside pas dans un titre, une fonction ou un rôle. Mon identité est en Jésus-Christ et dans ce qu’Il a fait de moi.
Alors, lorsque je suis devenu pasteur, puis directeur régional et président de Perspectives, je pouvais me coucher chaque soir avec cette certitude : le lendemain, en me réveillant, je serais toujours la même personne, avec le même but. Mon défi était simplement d’apprendre à articuler chaque nouveau rôle avec la personne que j’étais déjà en Christ.
Rester la même personne à l’église et à l’extérieur de l’église.
Avec des chrétiens comme avec des non-chrétiens.
Dans mon ministère comme dans le monde professionnel.
Le dimanche comme le lundi matin.
Mon rôle pouvait changer. Mon environnement pouvait changer. Mais ce qui m’animait profondément ne changeait pas.
C’est ce qui m’a conduit à me former pour accompagner d’autres personnes avec les outils qui avaient façonné ma propre vie. J’ai d’abord servi l’Église de Senlis, puis celle de Vitré, avant de poursuivre cette vocation à travers mes différentes missions au sein de Perspectives. Et voici la clé que j’ai découverte :
Même si mon rôle a changé, ma vocation n’a pas changé.
Aujourd’hui encore, cette conviction guide mon ministère. Je suis passionné par la construction de ponts avec des personnes qui ne connaissent pas Jésus.
J’aime rencontrer des leaders, des entrepreneurs et des influenceurs, partager ma foi avec eux, mais aussi simplement m’intéresser à leur vie, à leurs défis, à leurs responsabilités et à leurs questions.
Je veux aider les églises à devenir véritablement missionnelles : à aller à la rencontre des personnes là où elles se trouvent, à comprendre leur réalité et à se mettre au service de leur ville.
Je veux que notre influence soit réelle. Je rêve aussi d’une autre manière de penser nos cultes : des rassemblements qui ne soient pas seulement conçus pour ceux qui connaissent déjà Jésus, mais qui soient aussi des lieux où une personne qui ne fréquente pas l’église puisse entrer sans appréhension, poser ses questions, découvrir Dieu et repartir avec des réponses.
Alors je me pose des questions très concrètes :
J’accompagne également des professionnels en m’intéressant à ce qu’ils vivent dans leur environnement de travail. Je les écoute, je les conseille, je les accompagne et je prie pour eux. Parce que leur lieu de travail est aussi un lieu où Dieu est à l’œuvre.
Une grande partie de mes amis sont des professionnels qui ne sont pas chrétiens. Je veux vivre avec eux, partager leur quotidien, comprendre leurs défis et être, au cœur de leurs réalités, le sel et la lumière dont parle Jésus.
C’est dans cette logique que j’ai choisi de rejoindre l’association « Réseau de Lumière » (www.reseaulumiere.org), présidée par Hélène Koffi, pour aller à la rencontre d’entrepreneurs, d’indépendants, de membres de Comex, de managers et de responsables d’activité, et partager avec eux les défis que nous avons en commun.
J’ai également rejoint le réseau « Foi et Travail » (www.foiettravail.com) avec Patrick Butsapu et participé à son premier sommet à Paris en juillet dernier.
Pourquoi ?
Parce que je refuse de m’enfermer dans des murs. Ces rencontres me rappellent une vérité essentielle : le ministère ne se limite pas à un culte, à une réunion de prière, à une étude biblique ou à un bâtiment d’église.
Le ministère se vit partout où Dieu nous a placés.
Dans notre bureau.
Dans notre entreprise.
Dans notre famille.
Dans notre quartier.
Dans nos relations.
Dans nos conversations.
Dans les décisions que nous prenons.
Dans la manière dont nous travaillons et dont nous traitons les autres.
Notre ministère se trouve là où Dieu nous a placés, chaque jour.
Oui, je suis entré dans le ministère. Je suis devenu pasteur, directeur, puis président.
Mais je n’ai jamais quitté le monde des affaires. Et aujourd’hui, je comprends que je n’ai pas à choisir entre les deux.
Mon métier est aussi mon ministère.
Le monde professionnel fait partie du champ de mission que Dieu m’a confié. Je ne peux pas séparer artificiellement ces deux dimensions, parce qu’elles font partie de qui je suis et de la manière dont Dieu m’a façonné. Je ne veux pas que le but ultime de ma vie se résume à être simplement le pasteur du dimanche matin. Je veux que ma foi ait une voix le lundi matin.
Je veux que Christ soit visible dans ma manière de diriger, de travailler, de décider, de gérer les conflits, d’exercer mon autorité, de traiter mes collaborateurs et de servir ceux qui m’entourent.
Je veux être la même personne partout où je vais.
Au fil des années, j’ai constaté que certains pasteurs et responsables chrétiens peuvent se perdre ou s’égarer parce qu’ils ont progressivement confondu leur identité avec leur fonction.
Lorsque nous lions notre valeur à un rôle, à un titre ou à une position, le jour où ce rôle disparaît, nous pouvons avoir l’impression de disparaître avec lui.
Mais ce n’est pas notre identité.
Notre identité est en Christ.
Et lorsque notre identité est profondément enracinée en Lui, nous sommes libres de vivre notre vocation dans toutes les saisons, dans tous les contextes et dans tous les rôles que nous traversons.
Alors, permettez-moi de vous poser quelques questions.
Votre identité est-elle liée à votre rôle, à votre fonction ou à votre titre ? Ou est-elle véritablement ancrée en Christ ? Si votre titre disparaissait demain, votre but resterait-il le même ? Connaissez-vous le but ultime de votre vie ?
Et surtout : Le vivez-vous pleinement en dehors des murs de votre église ?
Parce que Dieu ne nous appelle pas seulement à être des chrétiens dans l’église. Il nous appelle à être ses témoins partout où Il nous place. Le dimanche, mais aussi le lundi. Dans l’église, mais aussi dans l’entreprise. Avec les croyants, mais aussi avec ceux qui ne connaissent pas encore Jésus.
Notre rôle peut changer. Notre titre peut changer. Notre saison peut changer.
Mais lorsque notre identité est en Christ, notre vocation demeure.
Patrice Niveaux, Président de Perspectives
NDLR : pour compléter ce regard, vous pouvez aussi lire / écouter le podcast Memento Mori sur le sujet du travail, produit par Tout Pour Sa Gloire