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Thierry Kattandjian : à l’école de Dieu

15 septembre 2026administrateur

Les transitions d’une église / d’une union d’église / d’une ville… à une autre, sont parfois inattendues, parfois douloureuses… mais pour celui / celle qui sait y voir la main de Dieu, l’issue est paisible. Récit de parcours avec Thierry Kattandjian, pasteur de PSP Brumath.

 

DE MARSEILLE À BRUMATH

Quitter son pays, changer de région, et passer de la grande ville tumultueuse, Marseille, au village de Brumath, c’est aller vers soi-même ! Quand Abraham entendit Dieu lui dire : « Lekh Lekha », il entendit « Quitte ton pays. » Mais l’étymologie nous parle d’un voyage tout aussi intérieur qu’extérieur, elle évoque l’idée de quitter pour se trouver, se retrouver et se laisser trouver par Dieu.

Lorsque j’ai entendu la voix de Dieu me dire après mes années d’entrepreneuriat :
« Maintenant que tu es brisé, tu peux remettre le ministère au premier plan« , ce fut un bouleversement.

Ce ministère, je l’avais quitté en 2013 après 13 années de loyaux services au sein de l’Union des Églises Évangéliques Arméniennes. J’avais dit : « Plus jamais ! » mais dans sa grâce, le Père m’a remis en chemin.

Nous étions à Marseille depuis plusieurs décennies et rien ne nous laissait imaginer que nous en partirions. Et pourtant… Les voies de Dieu ne sont pas nos voies.

Revenons en arrière. Nous sommes en janvier 2025. Je n’ai plus rien à donner, je suis usé et appauvri par des années de fortes tensions professionnelles, mais je finis par comprendre l’école de Dieu, douloureuse parfois, oui je comprends que ma force ne suffit pas mais que sa grâce, elle, me suffit.

Les forces retrouvées, me voilà reparti. Une rencontre avec Thomas Röthlisberger et un chemin qui s’ouvre, nous sommes en mai 2025. Le parcours d’admission chez Perspectives s’enclenche et là, au cœur des discussions, Arnaud Schrodi me fait part d’une proposition : il y a bien en Alsace l’église de Brumath qui pourrait convenir à mon ministère. Je ne sais même pas où se situe Brumath mais j’avais bien dit au Seigneur que j’irai là où Il me dira…

Quand Dieu nous appelle, nous ne comprenons pas tout du mystère. Alors, avec Astrig, nous faisons les 800 km jusqu’à Brumath, aux confins du Bas-Rhin et nous rencontrons la communauté de l’EEB. Tout paraît idéal, tout paraît convenir malgré une histoire ecclésiale compliquée ces dernières années.

Mais l’engouement est là, l’unanime conviction aussi.

Mon épouse Astrig, fidèle partenaire, même dans les moments les plus difficiles de nos 32 années de mariage, est d’accord. Elle quittera en son temps son poste de professeur des écoles à Marseille, poste qu’elle occupe depuis plus de 30 ans, pour me suivre et suivre le Seigneur surtout.

Comme un soldat qui obéit aux ordres, nous allons dans nos champs de mission, acceptant le péril possible mais à l’école du Maître, nous apprenons dépendance et confiance et nous marchons avec l’assurance, la vaillance aussi, des appelés, sûrs de leur Chef, Christ en nous, l’espérance de la gloire.

TÉMOIGNAGE DES DERNIERS MOIS

Évidemment, il y a un coût et il a fallu accepter neuf mois de ministère, séparés l’un de l’autre, Astrig ne pouvant pas quitter instantanément son poste dans l’Éducation Nationale. Accepter avec confiance, partir sans tout maîtriser, avec une certitude, le Maître ne fait jamais défaut.

J’ai compris pourquoi Dieu le voulait ainsi. N’est-il pas écrit que « Du haut des cieux notre Dieu fait ce qu’il veut ? » (Psaume 115.3).

Dieu le voulut ainsi d’une part parce qu’arriver en terre inconnue nécessite une disponibilité de tous les instants. Il fallait que mes soins de berger soient dédiés à cette assemblée éprouvée.

Le mois d’octobre a été comme un orage menaçant sur un doux paysage. La réalité de l’église était plus sombre et moins belle qu’annoncée. Mais je savais pourquoi j’étais là.

À plusieurs reprises, je vous avoue avoir lutté et demandé : « Seigneur, qu’est-ce que je fais ici ? »

À un moment donné, je ne savais même plus si l’Esprit Saint me disait « reste » ou s’il me disait « pars ». Mais la conviction est venue et j’ai entendu le Seigneur me dire : « Tu es venu ici pour paître mes brebis. »

C’est ce que j’ai fait. Il fallait peut-être aussi que mon épouse soit préservée de certaines choses.

Il fallait aussi que je me retrouve seul dans une dépendance avec mon Dieu, que je me retrouve en Lui et uniquement en Lui.

Quoi qu’il en soit, Dieu l’a voulu ainsi mais dans son vouloir parfait, il y avait aussi une autre école. Je devais réaliser combien mon vis-à-vis était précieux et combien sans elle, j’étais incomplet pour le service. Dans sa grâce, Dieu se servait de ces neuf mois pour nous préparer au ministère ensemble, dans la complémentarité, dans le soutien mutuel et la confiance l’un en l’autre.

Cerise sur le divin gâteau, alors que les démarches de demande de mutation d’Astrig dans l’académie du Bas-Rhin avaient été refusées durant l’année, et que nous n’avions plus vraiment d’espoir, mi-juillet Astrig a obtenu son exeat (autorisation de quitter l’académie d’Aix-Marseille, qui refusait jusque-là son départ, étant déficitaire en enseignants) et a été intégrée dans l’académie du Bas-Rhin le 25 août, « en raison de circonstances nouvelles ». Ces « circonstances », Dieu seul les connait, nous n’avons pas eu plus d’explications. Mais ce qui semblait impossible d’un point de vue humain, Dieu l’a rendu possible.

Astrig a obtenu un poste de CP dans l’école primaire d’un village voisin. Pour elle aussi, il fallait faire un pas de foi, quitter, pour entrer dans la promesse divine.

Dieu est bon et fidèle. Il entend et répond selon son bon vouloir. Il crée parfois ces nouvelles circonstances qui font toute la différence.

Aujourd’hui, l’EEB se relève peu à peu, comme Lazare en son temps, pour lequel Jésus demanda aux disciples de le délier de ses bandes afin qu’il aille librement vers la vie. La communauté semble reprendre vie et retrouver un cap commun. Les décennies de conflits sont derrière nous, l’église est fin prête à défricher le champ nouveau que Dieu prépare, prémices de belles et nouvelles saisons.

Nous n’en serons que participant pour un temps, le temps que Dieu voudra, mais nous savons qu’Il connait déjà la prochaine étape. L’âme tranquille et par la foi, nous servons ici et maintenant.

Gloire soit rendue à Dieu seul !

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